Si d'aucuns parlent de voitures-ventouses comme l'ex-bourgmestre Housiaux ou plus récemment comme le nouveau président des commerçants hutois Daniel Millecam (ICI), il parait plus difficile de définir la notion de voiture-ventouse hormis par un dépassement du délai de stationnement en zone bleue ou par un stationnement interdit par le Code de la Route.

Une approche rationnelle, méthodologique, passerait par la détermination précise de l'offre de stationnement couplée à un relevé statistique des taux d'occupation et de rotation, afin de pouvoir déduire le profil de stationnement des usagers, de courte durée (<2h), de moyenne durée (2 à 4h) et de longue durée (>4h) et des contrevenants.

Il est déjà possible de déterminer de manière générale les profils d'usagers. On en compte classiquement 3 catégories : les riverains, les visiteurs et les pendulaires. Auxquels il faut ajouter les livraisons, les poids lourds...

  1. Les riverains du centre-ville et de l'hypercentre.
    Huy est une très jolie et surtout très ancienne ville. Le centre-ville est donc caractérisé par des voiries relativement étroites et de vieilles bâtisses datant d'un temps où les garages privés n'existaient pas. Les riverains n'ont donc d'autre choix que la voie publique pour stationner. Ce qui est déjà interdit dans les rues semi-piétonnes témoins des vieux métiers de la ville.
    De nombreuses rues sont composées d'un habitat ouvrier datant de la construction de cités à partir des années 1872, sans évidemment de garage privé là aussi.
    "Les véhicules des riverains sont présents la nuit, le week-end, et pour certains la journée également. Leur souhait est de stationner si possible en face de leur logement ou à une distance très courte de celui-ci.(MET)"
    Une politique de mobilité communale doit donc privilégier les riverains qui paient des taxes communales, notamment par le biais des centimes additionnels à 8% !!
    "En centre-ville, favoriser le stationnement des résidents encourage aussi un report vers les modes doux pour les petites distances, et vers les transports en commun et le vélo pour des distances plus longues (MET)". Favoriser le transfert modal autrement dit.
  2. Les visiteurs
    Cette catégorie est celle qui, en plus des riverains, fait vivre le commerce. Il s'agit donc là des publics-cibles à privilégier. Leur principal souci étant de ne pas devoir trop marcher pour accéder aux commerces. Comme certains ne connaissent pas la ville, il est essentiel de prévoir dans un plan de mobilité des mesures d'identification claires des parkings disponibles et à plus long terme un système informatique disponible pour smartphone qui informe sur les possibilités de parking en temps réel.
  3. Les pendulaires ou navetteurs
    Ce sont les travailleurs qui utilisent leur véhicule pour se rendre sur leur lieu de travail. Ils cherchent à stationner à proximité de celui-ci généralement pour une longue durée : le plus souvent pour une journée complète.
    On considère que les établissements scolaires accueillent chaque jour envion 9000 élèves. En estimant des classes de 20 élèves, on obtient déjà 450 enseignants. A ceux-ci, il convient d'ajouter les agents communaux, les travailleurs des commerces et services (banques, mutuelles,...). Y ajouter également le personnel du CHRH.
    Il suffit de constater le nombre d'emplacements de stationnement disponibles le WE et les jours de congés scolaires, pour se rendre compte de l'ampleur de la demande de stationnement de ces navetteurs.
    Où trouver ces voitures-ventouses ?
    Du Nord au Sud rive droite : avenue Vierset Godin (Zone libre), rue Rioul (ZL), rue Wilmotte-Dupont (ZL) , rue de France (ZL), avenue Delchambre (ZL), quai D'Arona (ZL), rue Gregoire Bodart (Zone Bleue), rue des Augustins (ZL et ZB), Place St. Severin (ZB), avenue  des Ardennes (ZB), rue du Pont ( ZB), rue Sous-le-château (ZB et ZL), parking des Brasseurs (ZB), avenue du Condroz (ZB), parking St. Remy (ZL), rue Montmorency (ZB), rue des Croisiers (ZL), avenue du Hoyoux (ZB), ruelle Mottet (ZL), chaussée St.Mort (ZL), rampe d'Orval (ZL).
  4. Les véhicules de livraison et des entrepreneurs du bâtiment.
    Exception faite des sociétés de livraison rapides (UPS, DPD,...), les livraisons par camion se font généralement en matinée, essentiellement par les camions de brasserie en centre-ville, livraison Proximus, La Dérive, boulangers. Il n'existe pas d'emplacement réservé aux livraisons.
    Autre chose encore est le stationnement des véhicules des entrepreneurs amenés à travailler dans le centre-ville.

Actuellement nombreuses sont les plaintes des riverains et visiteurs du centre-ville (et donc des commerçant). Les navetteurs arrivant avant les heures d'ouverture des commerces occupent les places disponibles. Non seulement celles du Quadrilatère mais aussi des rares rues à ne pas être en zone bleue et sans vergogne celles en zone bleue en modifiant régulièrement le disque de stationnement.

Le relevé figurant sur le site internet communal montre bien les difficultés de stationnement des riverains :

  • Avenue des Ardennes
  • Avenue du Condroz
  • Avenue du Hoyoux
  • Place Verte (passée en piétonnier en 2013 NDLR)
  • Pont des Veaux
  • Rue de l’Harmonie
  • Rue de la Collégiale
  • Rue des Augustins (depuis la rue du Coq jusqu’à la rue Grégoire Bodart)
  • Rue des Brasseurs (parking "Brasseurs")
  • Rue des Foulons
  • Rue des Sœurs Grises
  • Rue du Coq
  • Rue du Pont
  • Rue l’Apleit
  • Rue Montmorency
  • Rue Pont Saint-Remy (Square "Saint-Remy")
  • Rue Saint-Remy
  • Rue Sous-le-Château (jusqu’à la rue de l’Hôpital)
  • Rue Vankeerberghen jusqu’à la rue de la Résistance. (NDLR Réaménagée depuis pour limiter le stationnement).

Comme, contrairement à d'autres villes il n'existe pas de carte de stationnement zonal pour les riverains, oserait-on écrire que la qualité de vie de ces administrés est loin de représenter une priorité pour les édiles communaux, contrairement aux demandes de la Fédération royale des commerçants, artisans et indépendants de la ville ?

Pas toujours cependant car les autorités communales vont rendre opérationnelles les 5 bornes de l'hypercentre, ce qui ne réjouit pas le nouveau président des commerçant hutois, Daniel Millecam qui n'est pas demandeur : "Ce ne sont pas les commerçants qui ont demandé un élargissement du piétonnier, c’est la Ville qui le veut. Mais il faudra trouver des solutions pour les livreurs qui viennent après 11 h (...)" (NDLR interrogé par nos confrères dans l'Avenir du 14/05/2016).

  • Deux bornes sont toutefois situées à hauteur d'un panneau SUL (rues Griange et des Brasseurs) donc ???.
  • Une rue des Fouarges (mais déjà doublée par des bornes empêchant l'accès à la Grand'Place).
  • Un dispositif de bornes à l'entrée de la Grand'Place (pour être très présent en Centre-Ville, pas encore vu de voiture-ventouse),
  • Une borne au début de la rue des Rôtisseurs au stationnement impossible, non seulement utilisée pour déposer des personnes à mobilité réduite mais aussi par les parents des élèves de Ste.Marie pour déposer leur progéniture le matin et la reprendre entre 15h et 16h et quitter le Centre par la rue des Augustins puis l'Apleit ou Vankeerbergen. Il suffirait d'ailleurs d'y limiter la vitesse à 5 km/h pour favoriser un environnement sécurisé et "apaisé".

Une décision idiote sur le plan de la mobilité car  :

  • Cela ne va évidemment pas régler le stationnement ventouse (inexistant dans le périmètre couvert par les bornes). Il suffit de passer avenue des Ardennes, parking des Brasseurs, avenue du Condroz, rue du Pont, rue des Augustins (zone bleue) à 7h puis à 9h pour constater que tous les emplacements sont occupés alors que les commerces ne sont pas encore ouverts !!!
    Voir des automobilistes se garer en zone bleue aux alentours de 8h, mettre leur disque et sortir du véhicule avec leur bouteille d'eau et un sac incite à un certain scepticisme quant à leur statut de "visiteur".
  • Les visiteurs, avant d'être piétons n'en sont pas moins automobilistes et tant que le stationnement ventouse n'est pas maîtrisé (ce qui serait pourtant simple), rien ne sert de compliquer la mobilité dans le centre-ville.
  • Fréquenter le centre-ville très régulièrement permet de constater que la circulation automobile y est rare et paisible, y compris rue des Rôtisseurs en dehors des 2 périodes de pointe pour Ste.Marie.
  • Les livraisons rapides ne se font pas nécessairement avant 11h (circuit oblige)
  • Le restaurant "La table du traiteur" a déjà anticipé le fonctionnement de la borne rue Griange le WE en installant tables et chaises en pleine rue ne laissant qu'un petit passage aux piétons. Quid en cas de passage d'un véhicule de secours ?

Depuis 2013, date du passage en piétonnier de la Place verte, ce n'est pas moins d'une centaine de places perdues (44 Place verte et 50 quai de Namur en 2016 pour le RAVeL).

Avec pour conséquence l'utilisation par les navetteurs des emplacements du quai d'Arona (complet à 9h) et de l'avenue Vierset-Godin (3 places disponibles à la même heure).

Excepté le CHRH qui indique clairement l'emplacement de ses parkings, une signalétique adéquate est absente. Notamment à la sortie des parkings de l'avenue des Ardennes. Comment savoir quand on vient des Ponts, du quai de Namur qu'il faut se diriger vers l'avenue Delchambre (ou des Augustins), puis la rue Grégoire Bodart vers le Quadrilatère ?

Comme le CHRH est enclavé dans un très vieux quartier où l'on retrouve les mêmes profils d'usagers que dans le Centre-Ville (riverains, visiteurs, pendulaires), et vu les soucis provoqués par les travaux d'augmentation de la capacité du parking de la rampe d'Orval, le parking Celli a été doublé et 2 autres parkings proches de celui-ci ont été aménagés. Le parking Celli ne répond toutefois pas plus au prescrit de la Loi sur la protection de la vie privée.

La rue Ste. Catherine passera d'ailleurs en sens unique du CHRH vers la Place des Italiens le mercredi 18 mai 2016. Restent les indécrottables qui veulent pouvoir "entrer dans leur bureau en voiture". Un tour dans les rues adjacentes à 6h30 (voitures des riverains) puis à 8h00 (voitures des pendulaires) est assez parlant.

L'offre d'emplacements de stationnement est insuffisante et très difficilement extensible vu l'enclavement de la cité (sauf à encore augmenter le Quadrilatère). Les 100 places éventuelles envisagées par le PCM telles que prévues dans le cadre des travaux du Quadrilatère ne compenseraient que la centaine perdue depuis 2013.

Il n'existe pas de réelle politique volontariste de mobilité, malgré un PCM datant de 2014 qui cible des mesures concrètes, qui tiendraient compte efficacement de publics-cibles à privilégier — les riverains et les visiteurs — et qui gérerait mieux le stationnement ventouse (le recours aux zones bleues et l'engagement de 3 agents constatateurs ne résolvant manifestement pas le problème).   

A suivre une analyse du PCM et des solutions possibles.